Accords Parfaits

2004 - mise en scène

De Louis-Michel Colla.
Avec Caroline Tresca, Philippe Caroit, Julie Cavanna, Patricia Pottier, Antonia Malinova.
Théâtre de la Gaité-Montparnasse.

NOTE D’INTENTION DE MISE EN SCèNE « ACCORDS PARFAITS »

Auteur : Louis-Michel Colla
Mise en Scène : Anne Bourgeois
Interprétation : Caroline Tresca, Philippe Caroit, Julie Cavanna, Patricia Pottier ou Antonia Malinova
Décor : Delphine Brouard

Il y a dans l’écriture de Louis-Michel Colla une émouvante histoire de gens qui nous ressemblent. Ses « Accords parfaits », nourris de l’imperfection d’un quotidien qui sépare les êtres plutôt qu’il ne les rassemble, résonnent drôlement à nos cœurs et chantent à leur manière une mélodie du bonheur .Car si le théâtre continue de parler d’amour et de gens qui se trouvent, c’est parce que dans la grande ville de la Vie Moderne, il y aura toujours quelqu’un qui cherche quelqu’un.

Un musicien désargenté croise la route d’une femme d’affaire. Ils sont voisins, ils s’affrontent. François ment pour protéger un secret douloureux, Marie est celle qui pourrait l’aider. Autour de l’homme meurtri et maladroit, trois femmes prennent leur destin en main, et chaque chemin passe par François…Dans le ventre de l’ immeuble, au cœur d’un appartement devenu l’enjeu de tous les bonheurs, une adolescente en mal de père, une amie fidèle et amoureuse, une voisine trop belle et trop seule s’affrontent et se rapprochent pour donner un sens à leur vie.

Le réalisme de la pièce, les conflits ménagers, les histoires de clés, de chambre d’amis, de chaîne hi-fi…donnent le ton d’une comédie résolument moderne où les apparences du confort matériel brouillent les cartes des rapports humains. Les relations de voisinage sont l’occasion de quiproquos, de stratagèmes et de mensonges qui brossent allègrement un tableau voilé des personnages : mais quand les masques tombent, que les blessures et les solitudes se révèlent, apparaît alors une autre comédie, plus douce et plus intime, sur la peur d’aimer, sur la complexité des rapports hommes-femmes, mais surtout sur l’espoir.

Pour incarner cette comédie aux angles polis par le quotidien, les acteurs vont créer des êtres en crise. Excessifs, égoïstes, fragiles et débordant d’amour, les personnages devront autant dérouter le spectateur que lui transmettre ses tensions. La direction du jeu ira dans le sens de l’humain : le plaisir du spectateur réside autant dans la reconnaissance de ce qu’il est que de ce qu’il réfute… Les acteurs démesurent les enjeux des situations, le rythme des scènes est aussi rapide qu’est superficielle la vie d’un immeuble, puis l’émotion s’installe dans un jeu en demi-teinte, donnant une large part aux corps, aux regards et au désir.

Le décor est soigné : l’appartement incarne la douceur et la féminité dont s’entoure François. La musique, la sienne, est à la fois sublime, puissante et novatrice. Les costumes racontent davantage l’univers des personnages que leur statut social. L’inspiration et le rêve doivent pouvoir surgir de chaque endroit de la scène, car à chaque instant les destins peuvent se compléter, devenir miraculeusement harmonieux. La musique, le bonheur et l’amour donnent à l’espace un caractère changeant : quand rien ne va plus ou quand tout va bien, ce sont les personnages eux-mêmes qui impriment sa pesanteur à l’atmosphère.