Toutou

2011 - mise en scène

Avec Patrick Chesnais, Josiane Stoléru, Sam Karman.
Théâtre Hébertot.

à propos de « Toutou » de Daniel et Agnès Besse

Auteur : Daniel et Agnès Besse
Mise en Scène : Anne Bourgeois
Interprétation : Patrick Chesnais, Josiane Stoléru, Sam Karmann
Décor : Stéfanie Jarre
Musiques et sons : Jacques Cassard
Lumière : Gaelle De Malglaive
Costumes : Mimi Lempicka
Assistante à la mise en scène : Sonia Sariel

Lorsqu’une épouse (Josiane Stoléru) demande à son mari (Patrick Chesnais) où est le chien, lorsqu’une pointe d’angoisse perce dans sa voix, qu’il est onze heures du soir, que le monsieur en manteau, une laisse vide à la main, enfoncé dans le canapé, répond « je ne sais pas »… c’est que la tragédie du quotidien plane sur le couple. Elle et lui forment pourtant un ensemble remarquablement construit, leur place dans la société est assumée, ces gens-là sont résolument des gens de la ville, ouverts au monde, ils ont une conscience citoyenne très développée, mais pour eux comme pour d’autres, un rouage dans la machine est venu ralentir leur course, les ramener à leur solitude, casser leur belle harmonie de naguère. Il en va de même pour leur brillant meilleur ami, (Sam Karmann) qui vient chercher auprès d’eux en pleine nuit la chaleur et le réconfort qu’un chien trouve près de ses maîtres.
L’absence du chien, ce sont les non-dits qui émergent. Quand « Toutou » disparaît, rien ne peut être comme avant. « Toutou », c’est une parabole comique de la vie moderne construite sur des schémas urbains dérisoires, la drôle d’histoire des propriétaires de chien emmurés dans une affection animale qui canalise leurs manques. Le départ du chien stigmatise les fractures, celles de l’amitié, de l’amour, du désir. Se pourrait-il qu’il revienne ?…
Les auteurs signent une comédie aussi tendre qu’elle peut être vive et âpre, grâce à une situation de départ qui oscille entre burlesque et poésie. Les interventions du meilleur copain sont des variations désopilantes sur les différentes manifestations de l’amitié, ses exigences, sa tyrannie injuste, l’asservissement assumé qui lie parfois ceux qui s’aiment.
Le rire est dans la vérité de l’écriture, dans ce théâtre-miroir qui n’attend que le son des interprètes pour résonner, dans leurs excès qui les poussent hors d’eux-mêmes, cassant les apparences du réalisme pour rejoindre la comédie.